Comment l’impensable est devenu possible

Publié le vendredi  4 août 2006
Mis à jour le jeudi  24 août 2006
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Texte de Thomas Coutrot (du 1er juillet 2006) à propos de l’élection du Conseil d’Administration de attac-France.

Nous mettons ce texte en ligne sur ce site apres avoir pris connaissance de la phrase reproduite ci-après de la dernière déclaration (26 juillet 2006) de Bernard Cassen (président d’honneur d’Attac-France) et Jacques Nikonoff (président d’Attac-France) : « Nous étudions également la possibilité de poursuivre celles et ceux qui ont diffusé ce texte diffamatoire sur d’autres listes électroniques ou l’ont placé sur un site d’accès public. » Une solidarité élémentaire avec un membre de notre association poursuivi par ses dirigeants nous a incités à adopter cette position. Nous espérons que de nombreux autres comites locaux nous suivront.

Thomas Coutrot (membre du Conseil scientifique) - 01/07/06 Comment l’impensable est devenu possible

De nombreuses voix - dont celle, respectée de tous, de René Passet - appellent à une refondation d’Attac qui passerait d’abord par une réconciliation ou une mise à l’écart simultanée des principales figures de l’actuelle direction, quel que soit le camp auquel elles appartiennent. Dans la crise que traverse Attac, les responsabilités seraient largement partagées entre les deux « camps », et il s’agirait de revenir à la raison pour repartir du bon pied.

La vision de deux « clans » en lutte pour le pouvoir pouvait en toute bonne foi être partagée par de nombreux militants avant l’AG du 17 juin, tant le décryptage des divergences au sommet de l’association était souvent difficile. Mais le choc du 17 juin, une fois passée l’inévitable phase d’incrédulité, oblige à s’interroger sur la validité de cette perception. La crise que vit Attac, peut-être mortelle, est certes le résultat d’une incapacité collective à mener des débats politiques de fond, mais les responsabilités n’en sont pas équitablement partagées. Cette idée des « responsabilités partagées » pourrait inciter à passer rapidement l’éponge et à nous diriger sans plus de formalités vers de nouvelles élections. Au contraire, l’esprit de responsabilité et l’exigence éthique la plus élémentaire nous obligent à tirer les bilans sans faux-fuyants. Attac ne surmontera pas cette crise sans s’imposer une épreuve de vérité pour comprendre ce qui a pu rendre possible l’impensable.

Une fracture éthique s’est produite

La calamiteuse AG du 17 juin 2006 s’inscrit bien sûr dans la crise de direction que connaît Attac depuis plusieurs années, mais elle marque une fracture éthique irréversible dans l’association. Certes, le bidouillage d’élections internes n’est pas une pratique inédite dans l’histoire des partis ou syndicats, même à gauche et encore aujourd’hui. Mais justement : Attac s’est construite sur le rejet des pratiques politiciennes, des méthodes mafieuses et des luttes d’appareil qui ont écoeuré des générations de militants. Attac s’est constituée comme le creuset où convergent des militants issus des horizons les plus variés du mouvement social et des citoyens sans passé organisationnel : leur ambition commune était de « faire de la politique autrement », de revivifier la démocratie en éclairant le débat public et en stimulant la participation citoyenne, tout en restant en marge de la lutte pour le pouvoir institutionnel. A cet égard, la manipulation de l’élection du 17 juin, qu’elle soit son œuvre directe ou non, marque l’effondrement moral et politique du noyau directionnel de notre association, personnalisé par B. Cassen et J. Nikonoff.

L’examen à tête reposée des résultats de l’élection confirme sans ambiguités - et je ne crains pas d’être contredit par des expertises indépendantes [1] - les soupçons exprimés dès le 16 juin : tout s’est passé comme si plusieurs centaines de bulletins avaient été remplacés les mercredi 14 et jeudi 15 juin par des « bulletins OGM » de façon à renverser la majorité d’élus actifs qui se dessinait clairement en faveur des candidats soutenus par Susan George. On ne saura peut-être jamais précisément comment et par qui cette fraude a été décidée et organisée (il faudrait une enquête policière que personne ne souhaite), mais au vu du contexte de ce scrutin, que nous détaillons ci-dessous, le doute n’est guère possible : devant la perspective - visiblement inattendue - de perdre la direction de l’association, le noyau directionnel et/ou certains de ses proches se sont laissés tenter par un coup de poker. L’entêtement et la hâte à réélire J. Nikonoff au CA lors de l’AG de Rennes, malgré les pressants appels des élus « minoritaires », et malgré l’incapacité criante de J. Nikonoff à rassembler l’association, montrent une détermination sans faille à conserver les rênes quoi qu’il arrive. Pourquoi et comment en sommes nous arrivés là ? Ce n’est qu’en répondant à cette question qu’Attac pourra redevenir cet outil si précieux dans la conquête de cet ‘autre monde possible’ qui est au cœur de la démarche altermondialiste.

La rançon du succès ?

Le projet constitutif d’Attac a toujours été une véritable gageure : comment faire travailler ensemble dans la durée, des militants issus de courants aussi divers, de la gauche républicaine aux écologistes radicaux en passant par des tiers-mondistes, des marxistes, des sociaux-démocrates keynésiens, etc, et aussi des jeunes arrivant à la politique par les mobilisations alter ? La méthode de direction mise en place dès le début a fait la plus large place à la recherche systématique du consensus, de façon à dégager les pistes d’action commune sans préjudice des (nombreuses) divergences qui demeuraient. Le pari, qui a vite prouvé sa fécondité, était qu’on pouvait s’accorder sur la critique du néolibéralisme et les fondements d’un ‘autre monde possible’ pour organiser la résistance et la contre-offensive. Attac s’est rapidement trouvée dans une position charnière au cœur du mouvement altermondialiste, par sa capacité à proposer analyses et actions utiles à tous. La campagne victorieuse contre le TCE en a été la dernière illustration.

De fait, le succès politique et populaire d’Attac - en France et à l’international - a rendu sa situation à la fois plus excitante et plus dangereuse. Excitante car les responsabilités d’Attac sont devenues lourdes, face à l’approfondissement de l’offensive néolibérale, des tensions guerrières et sécuritaires, et à l’échec de la gauche sociale-libérale en 2002. Dangereuse du fait du capital médiatique et politique qu’a rapidement représenté Attac. D’une sympathique association anti-mondialisation, Attac est devenue un acteur écouté et courtisé de la vie politique française. Des ambitions allaient inévitablement naître, visant à faire fructifier ce capital à compte personnel : ambitions renforcées par le mode de fonctionnement présidentialiste impulsé par le noyau directionnel, et que l’association n’a pas su maîtriser.

Une crise de direction illisible

Jusqu’en 2002, l’association était sur une trajectoire fortement ascendante et les succès mettaient beaucoup d’huile dans les rouages. Au niveau national les tensions entre fortes personnalités issues d’horizons différents étaient pourtant palpables, mais restaient contenues. L’autonomie des comités locaux leur permettait - et leur a permis dans une large mesure jusqu’au 17 juin dernier - de mener leurs activités, avec succès jusqu’au 29 mai 2005, et de rester à l’écart ou d’ignorer les tensions au sommet. Tout au long de ces années, il était d’ailleurs difficile de faire ressortir clairement la nature de ces tensions. Au début, elles avaient l’apparence de conflits de personnes, et l’ont longtemps gardé. C’est d’ailleurs justement pour éviter de donner l’apparence de « conflits de personnes », et faute de divergences politiques explicites, que beaucoup de membres du CA se sont résignés en 2002 à élire le successeur désigné par B. Cassen. Plus tard, le débat sur « la nouvelle dynamique pour Attac » n’a pas non plus réussi à faire apparaître clairement la nature des divergences. A titre d’illustration, un texte collectif a été mis en débat au Conseil scientifique, dont le titre (« Attac au cœur du mouvement altermondialiste ») proposait pour Attac un profil sensiblement différent de celui porté de fait par le noyau directionnel. Mais ce texte n’a pas permis une discussion sur le fond au CS (ni ailleurs), non tant à cause du fait que J. Nikonoff a de façon surprenante décidé de le signer, mais parce que B. Cassen (qui s’était déclaré hostile au texte sur le fond) et ses proches ont jugé que le CS devait rester à l’écart des débats d’orientation d’Attac, exigeant sa « sanctuarisation ».

Ce n’est que donc que tardivement qu’on a pu s’apercevoir que derrière les conflits de personnes fort visibles, se profilaient en réalité des projets politiques différents pour Attac. Pendant de longs mois, alors que « l’opposition » dénonçait un « style de direction » autoritaire et peu collégial et le sectarisme du noyau directionnel vis-à-vis du reste du mouvement social, B. Cassen accusait les membres fondateurs de vouloir couper les ailes d’une Attac qui leur ferait de l’ombre. Alors que « l’opposition » souhaitait qu’Attac s’affirme comme un catalyseur du mouvement social, le noyau directionnel privilégiait une démarche d’autosuffisance d’Attac. Mais la crise et ses enjeux politiques restaient illisibles pour une grande majorité des adhérents, exaspérés par ce qui apparaissait comme des luttes d’appareil. L’appel de J. Nikonoff à voter contre les fondateurs au nom de la démocratie restait lui aussi largement incompréhensible. Ce n’est à quelques jours de l’ouverture du scrutin que J. Nikonoff formulait pour la première fois publiquement (dans sa réponse au questionnaire du comité des Hauts-de-Seine) son projet de changer radicalement la nature d’Attac en supprimant le collège des fondateurs pour transformer l’association en une « organisation » cohérente et disciplinée, par contraste avec les Forums sociaux qui seraient les lieux exclusifs de confrontation et de convergence des mouvements sociaux. La polémique sur le « style de direction », compréhensible seulement par les familiers du Bureau, du CA ou du CS, aurait pu prendre un contenu plus lisible pour les adhérents si ce projet avait été mieux explicité, plus tôt et plus largement diffusé.

Rétrospectivement, on peut sans doute distinguer trois niveaux d’analyse, en pratique très imbriqués, pour comprendre cette crise de direction et son aboutissement fatal : le politique, le psycho-sociologique, et l’éthique.

Attac, outil au service de projets politiques ?

Le premier nœud de la situation est l’existence d’un projet politique, jamais explicité, porté par le noyau directionnel. Cimenté par une culture « national-républicaine » (de type chevènementiste), par une certaine conception de la laïcité, par un goût certain pour l’autorité, spontanément peu sensible aux thématiques féministe (sauf quand elle permet de dénoncer l’intégrisme) ou écologique, l’équipe Cassen-Nikonoff voit d’abord dans l’association un outil pour peser sur la recomposition du champ politique à gauche, ou en tout cas pour se poser personnellement comme un recours indispensable dans une telle tâche. C’est d’ailleurs pourquoi préserver la diversité d’Attac n’est pas, c’est le moins qu’on puisse dire, leur préoccupation principale, et qu’ils ne verraient pas d’un mauvais œil le départ de leurs opposants et la marginalisation des membres fondateurs : l’homogénéisation d’Attac autour d’eux serait un pas vers la constitution d’un outil politique efficace.

Pour autant ce projet politique n’est pas exempt de confusions, voire de contradictions : « 100% alter », qui a tenté sans succès de présenter des listes aux élections européennes de 2003 avec l’appui actif de B. Cassen et tacite de J. Nikonoff, se prétend l’émanation du mouvement altermondialiste, mais préconise par exemple (lors du débat sur le référendum constitutionnel) de former un « noyau dur » à quelques Etats (France, Allemagne, Italie, Belgique…) pour débloquer la construction européenne, coupant ainsi a priori en deux le mouvement social européen alors même que le FSE n’a pas encore vraiment réussi à s’emparer de ce débat. Plus fondamentalement, il est acrobatique de concilier une vision assez classiquement souverainiste (prônant par exemple le protectionnisme à l’égard des importations provenant des pays à bas salaires) avec l’internationalisme souvent radical qui prédomine dans le mouvement alter. Cette difficulté est sans doute à la source des difficultés du positionnement politique du noyau directionnel. L’indifférence voire le mépris pour les « réseaux », les « mouvements sociaux » et la nébuleuse des « sans », la préférence pour les solides rapports de force au lieu des consensus mous, une revendication du rôle d’avant-garde du peuple français dans la résistance au néolibéralisme, mettent le noyau directionnel d’Attac en décalage permanent avec la plupart des acteurs du mouvement alter. Toutes ces ambiguités et ces non-dits entravent l’explicitation des projets, contribuent à rendre illisible la nature des divergences et nourrissent l’apparence du « conflit de chefs » en pourrissant la situation.

Attac, refuge identitaire et source de capital politique

Faute d’expliciter son projet politique, le noyau directionnel d’Attac met systématiquement en avant la nécessité d’une « identité forte » pour Attac et joue le « patriotisme d’organisation » contre des membres fondateurs supposés jaloux du succès de l’association. Certes, on peut voir dans cette attitude une simple manœuvre pour conserver le pouvoir alors que la majorité des fondateurs (et des élus des adhérents) souhaitaient un renouvellement profond du mode de direction d’Attac. Mais ce serait une erreur que de s’arrêter là. D’abord, parce qu’on ne comprendrait pas l’impact non négligeable de cette manœuvre [2]. Le patriotisme d’organisation mobilise indéniablement un ressort psychologique puissant chez nombre de militants, déçus de leurs engagements antérieurs et/ou enthousiasmés par le côté innovant du mouvement alter et d’Attac. L’affirmation d’Attac comme « organisation » autonome qui ne doit rien à personne rencontre un besoin d’identification bien naturel chez nombre de militants qui se dépensent sans compter pour la cause, et qui apprécient de voir leur travail reconnu.

Ensuite et surtout, parce que la manœuvre révèle la stratégie de constitution de capital politique adoptée par le noyau directionnel. Par contraste avec les membres fondateurs, qui tiennent leur légitimité dans le débat public de leurs engagements militants extérieurs ou de leur notoriété personnelle antérieure, les membres du noyau directionnel doivent entièrement à Attac l’audience dont ils disposent dans le champ politique et social : Attac est leur seule source de capital politique. C’est évident de J. Nikonoff, mais aussi de B. Cassen, qui se prive rarement de mentionner son titre de président d’honneur d’Attac lorsqu’il intervient dans les médias. La griserie des micros tendus, des foules attentives et des tribunes prestigieuses où l’on côtoie des personnalités d’envergure mondiale, tout cela n’est possible que grâce à la détention de positions dominantes dans Attac. Ce capital politique doit d’ailleurs se partager le moins possible pour être pleinement exploité ; d’où le refus de toute idée de coprésidence, ou l’insistance curieuse avec laquelle B. Cassen accuse les membres du Conseil Scientifique de se prévaloir indûment du prestige d’Attac, tout en exploitant lui-même bien évidemment au maximum l’outil somme toute irremplaçable que constitue ledit CS.

Ce n’est qu’ainsi qu’on peut expliquer le caractère aventureux de l’affaire des « bulletins OGM ». Qu’il l’ait organisé directement, qu’il l’ait incité ou qu’il l’ait seulement laissé faire, le noyau directionnel croyait manifestement (sans doute à juste titre) tout perdre en perdant l’élection du 17 juin. Dans une déclaration du 21 juin, J. Nikonoff laisse entendre que le trucage pourrait fort bien être le fait de ses opposants. Mais l’analyse sociologique élémentaire dément cette hypothèse : indépendamment de la sympathie qu’ils suscitent chez les uns ou chez les autres, Susan George ou Pierre Khalfa n’ont pas besoin d’Attac pour exister sur la scène publique, et auraient beaucoup plus à perdre qu’à gagner en organisant une manœuvre frauduleuse. Le statut de personnalité publique que B. Cassen et surtout J. Nikonoff ont acquis ces dernières années provient exclusivement de leur rôle dirigeant dans une Attac alignée sur le modèle du présidentialisme de la Vè République [3]
. Ceci impose de rompre avec cette conception du président omniscient et omnipotent (qui a d’ailleurs permis au noyau directionnel de diriger Attac alors même qu’il n’était pas majoritaire au CA), pour instaurer un mode de direction collégial et modeste.

La fracture éthique

La manipulation électorale de l’AG du 17 juin n’est donc pas un simple « dérapage », ni le résultat naturel des négligences dans l’organisation du scrutin. Elle est bien plus : l’aboutissement surprenant mais compréhensible d’un long cheminement. Surprenant, parce que la décision de truquer une élection dans Attac, étant données les valeurs et les exigences démocratiques portées par l’association, implique une prise de risque maximum, et donc un calcul forcément subjectif et aléatoire. Une telle décision suppose une détermination et un cynisme rares, que personne (peut-être pas même ses auteurs, qui ont probablement improvisé dans la panique) ne pouvait raisonnablement anticiper quelques jours avant l’événement. Surprenant, donc, mais compréhensible : la grille de lecture ici proposée est à notre avis la seule qui permette de décrypter ce séisme du 17 juin. On ne peut pas penser le trucage d’une élection dans Attac comme un événement anecdotique ou fortuit, ni comme le fruit de responsabilités partagées. Le trucage provient d’un seul des deux camps en présence (même si la négligence de l’autre a pu faciliter les choses), et cette répartition des rôles n’est pas le fruit du hasard. L’impensable s’est produit, et oblige chacun d’entre nous à une réévaluation et à un réajustement radical de son investissement dans Attac. La rupture de confiance est irréversible.

En ce qui me concerne, et je ne suis certainement pas le seul, je ne pourrais plus militer dans une association qui maintiendrait dans son équipe de direction les auteurs et/ou inspirateurs du coup du 17 juin 2006. Car la crise d’Attac ne se situe plus principalement dans le registre des divergences politiques, elle est devenue une véritable incompatibilité éthique. J’espère que nous pourrons ensemble refonder Attac autour de son projet initial de mouvement d’éducation populaire tourné vers l’action, pluraliste et ouvert, immergé au cœur du mouvement altermondialiste, sa vocation à mobiliser les citoyens et éclairer les voies d’un autre monde possible, sans esprit de boutique ni logiques d’appareil. Je crois dans les mois qui viennent à un sursaut collectif qui permettra de rompre avec ces pratiques d’un autre âge et de redonner un avenir à Attac.


[1Au regard des lois de la statistique, l’explication des anomalies du scrutin du 17 juin par le jeu du hasard n’est pas défendable. C’est comme si le président de la Française des Jeux prétendait avoir gagné la super-cagnotte par hasard (ou le vice-président d’EADS avoir vendu ses stock-options par hasard quelques jours avant l’effondrement de leur cours). (Ne parlons même pas des accusations pathétiques selon lesquelles le trucage viendrait de « l’opposition »). Autre chose est de prouver qui a commis matériellement la fraude. Mais les effets de contexte, que nous détaillons ici, ne laissent guère de doute sur la responsabilité politique et morale du noyau directionnel.

[2Le vote du 17 juin montre qu’un nombre important d’adhérents sont sensibles à ce patriotisme d’organisation, même si ce nombre demeure (hors « bulletins OGM ») minoritaire.

[3Ils ne veulent à aucun prix y renoncer - ce qui éclaire évidemment le côté tout à fait illusoire des appels des « non-alignés » au retrait des éléphants d’Attac.


Commentaires

vendredi 11 août 2006 à 16h00

EN FAIT, ANDRE AVAIT ENTIEREMENT RAISON DANS SA LETTRE DE SEPTEMBRE 2003… VOIR CI-DESSOUS :

« LES DERIVES D’ATTAC : NIKONOFF, SOUS MARIN DU PCF FAIT SURFACE… »

On a pu s’interroger sur les raisons qui ont poussé B.Cassen, le premier président d’ATTAC, à coopter J.Nikonoff pour prendre sa succession.Bien sûr, il est de bon aloi au sein d’ATTAC, de ne pas faire état publiquement de son affiliation à tel ou tel parti politique. Mais lorsqu’il s’agit de présider une association comme ATTAC qui se veut transversale aux partis politiques, il n’est pas indifférent de savoir que celui qui est mis en place à une telle fonction est précisément membre de tel parti. Surtout lorsqu’il n’accède pas à cette fonction par la voie démocratique de l’élection par l’ensemble des adhérents. Une telle mise en place n’avait pas été d’ailleurs sans susciter alors bon nombre de réactions dubitatives voire négatives.

Il semble qu’on y voit un peu plus clair maintenant dans la stratégie qui devait conduire à la Présidence d’ATTAC , J.Nikonnoff, membre du parti communiste français. Chacun le sait, un certain nombre de groupes ATTAC départementaux se trouvent noyautés et pratiquement dirigés par des militants de la LCR.. Ne fallait-il pas enrayer de façon ou d’une autre un tel entrisme tellement contraire à l’esprit d’ATTAC ?

Qui mieux qu’un militant communiste du PCF était à même de le faire ? L’aversion phobique et récurrente du PCF pour tout ce qui le menace sur sa gauche et qu’il dénonce pêle-mêle comme « gauchiste » lui redonnerait à la fois une certaine crédibilité institutionnelle dans le petit microcosme politicien et le présenterait comme un élément incontournable et responsable d’une recomposition d’une gauche exsangue. Par ailleurs n’était-il pas dangereux de laisser croire qu’un mouvement comme ATTAC se trouvait peu ou prou noyauté par un parti s’affichant comme « révolutionnaire » sans s’être jamais confronté à la gestion des affaires publiques ? ATTAC ne s’en trouverait-il pas à terme gravement décrédibilisé ?

Le « pompage » par un parti irresponsable de ses meilleurs analyses concernant la mondialisation libérale n’introduirait-il pas à gauche une certaine confusion entre les partis à vocation de gouvernement et les partis à seule vocation contestataire… ?

D’autant que dans la débandade des partis « de la gauche plurielle » compromis avec la politique sociale libérale de Jospin, la déconfiture du PS et les atermoiements des Verts, on pouvait penser que même s’il s’était lui-même gravement compromis dans la politique mondialiste de l’ultra libéralisme dénoncé par ATTAC, le PCF, malgré ses scores électoraux désastreux (de l’ordre de 3% aux présidentielles) restait sans doute néanmoins le seul susceptible de rebondir.

Ayant touché le fond, n’était-il pas le mieux placé pour remonter à la surface jurant ses grands dieux qu’on ne l’y reprendrait plus ? ! On peut se tromper, non ? même si cela devient récurrent au PCF !… Cependant, doté d’infrastructures locales encore solides, encore honorablement représenté dans certaines collectivités territoriales, reconnaissant ses erreurs gouvernementales, proclamant haut et fort qu’il restait le seul garant et le héraut d’une vraie transformation sociale (sans pour autant dire, il est vrai, comment et avec qui il s’y prendrait, ni proposer, lors d’une prochaine alternance, ne serait-ce que les grandes options d’une véritable politique alternative), le PCF pouvait espérer devenir le fer de lance d’une reconstruction d’une gauche multipolaire et rendre l’espoir aux millions d’hommes et de femmes déçus par une « sociale démocratie » acquise au capitalisme et à l’économie de marché ultra libérale mondialiste.

Le PCF, fort de ses increvables militants, pouvait toujours rêver… ou du moins toujours « faire rêver » les « gens » ! Parti politique reconnu au sein du microcosme politicien, même s’il est de plus en plus rejeté et ignoré de ceux qu’il se dit avoir mission de regrouper, les petits, les pauvres, les ouvriers, les classes défavorisées et ghettoïsées des « banlieues », bref, ce que le chanoine Raffarin appelle la « France d’en bas », le PCF reste un parti respectable dans la course au pouvoir, même s’il n’est plus guère respecté par les « gens ». Il faudra encore compter avec lui lorsque les Français, épuisés et lessivés par quelques années de gouvernement-MEDEF, voudront émerger du marasme social dans lequel l’aura plongé la girouette Chirac pour qui tous les partis de gouvernement avaient appelé à voter en avril 2002. Et en prévision d’échéances qui ne manqueront pas de survenir, le PCF a des cartes à jouer. N’ayant constitué qu’un force d’appoint dans la sociale démocratie du PS, il peut, plus aisément que ce dernier, toute honte bue et relevant la tête pour la nième fois, se dédouaner des raisons de l’échec de la « gauche ».

Mais dans la perspective d’une refondation d’une nouvelle gauche, les partis de l’ancienne « gauche plurielle » doivent désormais compter avec la montée en puissance d’une « extrême gauche » qui a ravi aux partis de gouvernement plusieurs millions d’électeurs désabusés et déçus. Or ces partis, essentiellement le LCR et LO constituent un vrai danger pour les partis représentés à l’Assemble Nationale. L’un d’entre eux, la LCR s’est mis en tête d’investir une association qui refuse d’entrer dans le jeu politicien mais dont les analyses économiques et sociétales constituent des outils de qualité pour mettre en cause le système néo-libéral capitaliste mondialiste. En l’absence de tout programme crédible de gouvernement, de telles analyses, mêmes si elles sont souvent dévoyées au profit d’une démagogie révolutionnaire irresponsable, donnent à la LCR un semblant de crédibilité même si ses cadres sont davantage issus du secteur tertiaire ou du secteur public que des « masses laborieuses ».

Le style et les objectifs « révolutionnaires » affichés de ces partis qui, bien qu’ils disent se situer à la gauche du PCF, sont constitués selon les mêmes principes que les partis politiques traditionnels (structure pyramidale, hiérarchique, corpus de « doctrine » défini au sommet par un Organe central, centralisme « démocratique », discipline de parti etc.) représentent des concurrents non négligeables dans la course au pouvoir, ne serait-ce que par les voix qu’ils prennent à la « gauche respectable ». Parce qu’ils fonctionnent comme lui, parce qu’ils se proclament « communistes », ils ne peuvent pas ne pas être des adversaires redoutables pour le PCF. Parce qu’ils acquièrent une audience certaine dans les couches « populaires », ils constituent la cible première d’un Parti Communiste Français.

Or, que de tels militants investissent durablement un mouvement comme ATTAC est aussi dangereux pour ATTAC que pour le PCF. Le noyautage de la LCR, programmé au sommet, est redoutable pour ATTAC qui continue d’affirmer son refus de s’engager politiquement et sa vocation d’éducation citoyenne. Mais il l’est aussi pour le PCF qui paraît rester à la traîne de la critique altermondialiste.

On comprendra qu’il était difficile à un universitaire comme B.Cassen qui se refusait à entrer dans quelque jeu politicien que ce soit et qui affirmait bien haut qu’ATTAC est un mouvement ouvert à tous, de s’engager dans une lutte frontale contre des « gauchistes » ou des « extrémistes » en dénonçant l’entrisme d’un parti politique qui par ailleurs trouvait dans ATTAC des outils pertinents d’analyse économique, ce dont on ne pouvait d’ailleurs que se réjouir. Mais se servir d’ATTAC comme d’un tremplin d’attrape gogos ou comme une plate forme de propagande pour son propre développement devenait inacceptable et décrédibiliserait le mouvement. Conscient de la difficulté, B.Cassen préférait faire faire le ménage par un autre que lui. C’est ainsi que fut coopté J Nikonoff.

Qu’hier Nikonoff réponde à l’invitation de Chirac pour bavarder avec lui à l’Elysée sur la mondialisation libérale, on peut le comprendre, lui qui en avril dernier avait voté et appelé à voter pour lui ; il s’agissait alors pour une gauche plurielle sonnée et défaite de mettre en scène le psychodrame nécessaire pour que les apparatchiks de tous les partis, du PS à la LCR, gardent leur troupes en main, ou ce qui l’en restait, en vue d’une alternance qui finirait bien par se produire un jour. Avouons cependant qu’on était déjà là au début d’une dérive politicienne qui s’accroît de jour en jour. ATTAC est un mouvement qui regroupe une majorité d’hommes et de femmes qui, bien qu’ayant une conscience politique personnelle, n’ont jamais adhéré à un parti politique ou bien l’ont quitté par refus d’embrigadement institutionnel ou idéologique, mais aussi parc qu’ils ont conscience que l’ère de « Partis » touche à sa fin. ATTAC est composé de citoyens adultes qui n’ont que faire de mises en garde ou de consigne de vote émanant de « dirigeants » et dont la majorité recherche et explore de nouvelles voies permettant de « changer la société » sans forcément « prendre le pouvoir », du moins tel qu’il s’exerce aujourd’hui.

Or, donner des consignes de vote à des gens qui considèrent la démocratie représentative, telle qu’elle est aujourd’hui pratiquée, comme une démission citoyenne, entrer dans un jeu de tactique politicienne totalement inefficace quant à la naissance d’une « autre façon de faire de la politique », proférer des « mise en garde » envers des groupes qui ont l’ambition de fonctionner « autrement » en instaurant des nouvelles structures de participations responsables, constituent des régressions majeures dans la volonté affichée d’instaurer un « autre monde » et une « autre société ».

Quoi d’étonnant qu’ATTAC soit ainsi invité en rentrer dans le rang du conformisme politique par un membre d’un Parti qui n’a rien appris de ses échecs ni rien oublié de ses compromissions avec le pouvoir étatique en plus de cinquante années d’Histoire !

Que Jacques Nikonoff fustige aujourd’hui, les éternels « gauchistes » (entendez des groupes ou des individus « irresponsables » qui ont le tort de cheminer et de penser librement dans l’exploration de nouvelles voies sociétales et bien dont les idées ne sont pas moulées dans un cadre idéologique bien repérable ou pré mâchées par des idéologues patentés ) dans les mêmes termes et pour les mêmes raisons que tous les communistes l’ont fait depuis toujours, cela devient intolérable.

Le sous-marin du PCF Nikonoff est en train de faire surface, lui qui m’écrivait dernièrement que son appartenance du PC ne regardait que lui, au même titre que ses convictions religieuses, confirmant par là, si besoin en était, que le communisme peut toujours être assimilé à une religion et le PCF à une Eglise … Mais de cette église et de cette religion, les Français n’en veulent plus. Les partis politique, écuries de la course au pouvoir, ont fait faillite. Il faut trouver d’autres façon de « faire de la politique », de faire participer les citoyens au choix de société qui commandent leur destin et l’avenir du monde. Inversant la course folle d’une croissance délétère destructrice de l’Homme et de la nature, ceux qui ne désespèrent par de l’Homme doivent explorer de nouvelles voies de vie en société, tant au plan économique qu’au plan politique.

Lorsque J.Nikonoff m’écrivait dernièrement qu’il fallait se méfier du noyautage d’ATTAC par les partis politiques (entendez la LCR), je comprends mieux aujourd’hui que c’était une façon comme une autre de donner le change. Mieux vaut sans doute pour lui bien évidemment qu’ATTAC contribue à constituer la nouvelle plate forme idéologique d’un PCF relooké et à apporter du sang neuf à un parti exsangue. Mais peut-on ressusciter un cadavre, même s’il bouge encore. Peut-on mettre du vin nouveau dans de vieilles outres ?

On vous remercie de vos conseils, Monsieur Nikonoff. Mais nous n’avons pas besoin de vos consignes tacticiennes et n’avons que faire de vos conseils institutionnels. Nous sommes de grands garçons et de grandes filles. Nous avons passé notre vie à lutter contre l’injustice d’une société » fondée sur le Fric.

Certes, il ne faut pas opposer les « forces sociales » au politique, mais aujourd’hui il faut prendre acte que les forces sociales s’opposent bel et bien à LA politique, j’entends celle des partis politiques qui se sont tous discrédités et prostitués avec un capitalisme ultra-libéral vis à vis de qui ils ne proposent aucune alternative crédible.

Or, sachez le bien ce sont bien ces forces sociales, dégoûtées de la politique politicienne et que vous stigmatisez comme « gauchistes » qui sont le fer de lance de cette véritable alter mondialisation que vous appelez de vos vœux pieux. Comme l’étaient les forces sociales de mai 68 que vous avez obligé de rentrer dans le rang ! Ce sont bien ces forces sociales qui veulent changer le monde sans prendre le pouvoir, bref, créer un nouvelle société.

Je persiste à penser (ou à espérer) que la grande majorité des adhérents d’ATTAC n’adhère à aucun parti politique et ont de bonnes raisons pour cela. Il ne faudrait pas que tel ou tel parti en « profite » pour y « faire son beurre » et se refaire, au delà de décennies d’erreurs et de compromissions, une sorte de virginité politique aux yeux des millions de « gens » qui ont de bonnes raisons eux aussi de se détourner de tout engagement au sein d’un parti, quelqu’il soit.

André Monjardet septembre 2003
http://perso.orange.fr/monjardet/

lundi 7 août 2006 à 18h00

Cher Jean-Paul,

Encore un petit effort et vous êtes presque honnete avec mon propos… Je n’accuse personne, certainement pas vous, personnellement, je constate simplement que circulent des messages accusateurs sur la liste de discussion et sur le site. Vrai ou faux ?

Je constate que ces messages vont tous dans le même sens, sauf quand DESSENNE demande à ce que le contradictoire soit également diffusé. Vrai ou faux ?

Ensuite vos "arguments de fond". Vous avez acquis une certitude, parfait, vous avez le droit. Certitude que le CA était illégitime fraude ou pas fraude… Nous y voici… Donc, la fraude que vous dénoncez et que vous faites circuler, n’est que prétexte ? Mais pourquoi dire ensuite que le CA lui même reconnaît son illégitimité ? Il accpete le principe des élections de décembre sous la pression de gens (minoritaires) qui portent des accusations de fraude. Nous en revenons toujours au même point… calomniez, calomniez…

Vous parlez de l’élection du bureau, mais elle est la suite logique de l’élection du CA… Que certains en démissionnent ou refusent d’y siéger car contestant le résultat d’un vote, c’est leur problème. Mais qu’ils viennent pas ensuite dire que le vote n’est pas légitime !

Vous craignez que le climat se dégrade ? Mais le fait de continuer à lancer des accusations, sans attendre les résultats d’une enquête, en cours, à VOTRE, demande… C’est faire le jeu de l’apaisement ?

La proposition de Pierre Khalfa ensuite, faire démissionner tout le monde ! Et donc, demander à tout le monde de reconnaître les accusations qui sont portées ? Qui a lancé une offensive "anti-direction" ? Qui a lancé une polémique sur une fraude ? Que la stratégie, le bilan, la visée de Cassen, Nikonoff et d’autres soit contestée, pas de soucis. Mais emmener ATTAC à l’implosion pour obtenir un résultat que les votes n’ont pas permis… pathétique !

Résultat du TCE. Je ne vois pas de contradiction entre nous, contrairement à vous. Je n’ai pas dit que le résultat du 29 mai était celui de ATTAC. Je dis qu’ATTAC a eu une stratégie et qu’elle n’est pas tombée de nul part. Elle est le fruit certes des adhérents et des militants, mais n’est-elle pas aussi le résultat d’une volonté et d’un engagement de la direction d’ATTAC ? Quand tout va mal, c’est la faute aux chefs et quand tout va bien c’est grâce à tout le monde mais pas au chef ? Etrange raisonnement. Comme vous dites, résultat collectif, et à la tête du collectif des responsables (et pas seulement CASSEN et Nikonoff).

La question des adhérents… un peu de réflexions ne fait pas de mal… ATTAC comme beaucoup a connu l’après 22 avril, avec un retour vers les grands partis, les grandes organisations… au détriment des certains mouvements. ET ATTAC, se compose de militants de beaucoup de sensibilités et je vous rappelle que de nombreux militants ont quitté ATTAC car ne partageaient pas la stratégie sur le TCE. Rappelez vous des militants qui se disaient écoeurés par le choix du NON de ATTAC et passaient des messages sur la liste de diff. annonçant qu’ils quittaient ATTAC. Faire porter cette responsabilité à la seule direction me semble… facile !

Je partage le même souhait que vous, qu’ATTAC sorte de cette crise et continue à jouer son rôle d’éducation populaire. Stratégie d’ailleurs partagée par NIKONOFF et CASSEN d’ailleurs, qui refusent, par exemple, de se pronocer pour la présidentielle sur une candidature de tel ou tel… Vrai ou faux ? Par contre Khalfa, n’a t il pas clamé son engagement pour BOVE ? Nous revenons dans les stratégies et visées…

Cher Jean-Paul, je respecte votre engagement, je respecte votre point de vue, mais une fois encore, ne cherchez pas à l’imposer aux autres.

Anonyme car je crois plus aux idées qu’aux personnes

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lundi 7 août 2006 à 16h22 - par  Jean-Paul Engélibert

Je remarque avec satisfaction que votre ton a change. Vous ne signez toujours pas votre message, mais vous y viendrez peut-etre. Ne serait-ce que parce que vous commencerez a penser qu’accuser quelqu’un de "mensonge, calomnie et attaques personnelles" sans donner sa veritable identite n’est pas un signe de courage, ni de confiance dans la force de sa position.

Mais venons-en aux faits. En effet, j’ai acquis des convictions. Appelez cela etre de parti-pris si vous voulez. Ma premiere certitude est que le CA actuel est illegitime, qu’il y ait eu fraude ou non (relisez les declarations de notre CL, vous n’y lirez pas autre chose). Le CA le reconnait lui-meme, puisqu’il a accepte le principe d’elections en decembre. Mais tout, dans le ton et le contenu de ses declarations, montre qu’il pretend agir comme si sa legitimite ne faisait pas question. L’election du bureau, par exemple, releve de la politique du fait accompli. Le choix de repousser a decembre un scrutin que nous demandons au plus vite, c’est-a-dire en octobre, est une dangereuse tentative de passage en force : nous craignons que le climat se degrade a l’automne et que notre association ait d’autant plus de mal a se relever qu’on aura attendu plus longtemps le nouveau CA.

Vous nous accusez d’entretenir une "strategie inavouee". C’est pathetique ! Pourriez-vous dire en quoi elle consiste ? Vous pourriez alors me l’apprendre. Je ne m’interesse pas aux strategies. Comme beaucoup de militants d’Attac, je me suis investi dans cette organisation precisement parce qu’elle me semblait eloignee des questions de pouvoir. C’est aussi pour cette raison que notre site a relaye la proposition de Pierre Khalfa d’une demission collective des membres du CA les plus impliques dans les dissensions. Proposition qui montre que, de sa part, l’enjeu n’est pas personnel (on est oblige de le reconnaitre, meme si on ne partage pas toutes les options de Pierre Khalfa). A-t-il eu une reponse ? Je n’en ai pas eu connaissance. Le mepris avec lequel sa proposition a ete traitee revele, de la part de Bernard Cassen et Jacques Nikonoff, une tout autre attitude vis-a-vis du pouvoir. C’est cette attitude et non leurs personnes que nous rejetons. Attac n’a pas besoin de chefs, quels que soient leurs noms et quel que soit leur "bilan".

Car c’est justement ici que nos opinions divergent le plus. Je ne crois pas que la formidable victoire du 29 mai puisse etre revendiquee par qui que ce soit. Le rejet du TCE n’est pas la propriete de Bernard, ni celle de Jacques, pas plus qu’elle n’est celle de Marie-George, d’Olivier, de Philippe ou de Jean-Marie. Personne n’est proprietaire d’un vote. Attac a mene une campagne efficace. Les CL se sont remarquablement investis. Nous avons gagne. Pourquoi penser que ce bilan ne revient qu’au president ? Je vous rappelle que nous sommes (encore) 25 000.

Puisque vous me lancez sur le terrain du "bilan de ces dernieres annees", puis-je vous demander a quelle raison vous attribuez la stagnation, puis la regression, de notre nombre d’adherents ? Stagnation en 2003, recul en 2004, recul aggrave en 2005. Quand Jacques Nikonoff, elu en 2002, parle de son "bilan", il parle peu de ces chiffres.

Je n’apprecie pas les groupuscules. Je ne veux faire le jeu de personne. Je souhaite qu’Attac depasse une crise qui me semble etre due a la tentation, entretenue par certains de ses cadres, de changer sa nature. Cette tentation est d’autant plus dangereuse qu’elle n’a aucune chance de devenir realite sans une "epuration" massive. Thomas Coutrot est le premier vise. Il importe que les militants manifestent leur solidarite avec lui avant que nos "dirigeants" ne croient possible de se tourner vers d’autres cibles.

En bref, j’ai acquis tres recemment la conviction que l’actuelle direction nous mene au naufrage. Je ferai tout ce que je pourrai pour l’eviter. Mon "projet", s’il faut employer ce vocabulaire, est d’agir pour qu’Attac reste ce qu’elle a toujours ete : une organisation d’education populaire tournee vers l’action, luttant contre l’ideologie conservatrice-liberale par tous les moyens a sa disposition, livres, articles, tracts, meetings, actions de terrain.

Il peut y avoir une issue positive a ce debat : la clarification de conflits qui empoisonnent le CA depuis longtemps sans jamais avoir ete portes a la connaissance des adherents. Nous verrons si les nouvelles elections permettent cette sortie "par le haut" qui est necessaire a notre survie. Je le crois possible. Encore faudrait-il qu’on n’ait pas sombre avant dans les proces, reels et d’intention.

lundi 7 août 2006 à 14h15

Très cher Jean-Paul,

En réponse à votre message, si joliment rédigé, voici ce que j’en retiens.
Contrairement à ce que vous voulez laisser voir de votre stratégie inavouée, vous mettez en évidence dès la première ligne de votre message, ce qui est votre véritable but.

Dès les premières lignes de votre message vous posez les choses : vous êtes de parti pris. Et vous l’expliquez clairement plus bas en pointant du doigt CASSEN et NIKONOFF. C’est votre droit, et je ne conteste pas que l’on puisse ne pas partager visées et stratégies. Pour ma part, je ne cache pas mon parti pris pour la direction d’ATTAC ce que je manifeste, c’est mon dégout et écoeurement de voir un noyau de personnes véhiculer leurs opinions pour les imposer aux autres.

Mais alors, pourquoi utiliser la calomnie, le mensonge et les attaques personnelles ? Parlons plutôt du bilan d’ATTAC. Est-ce que la stratégie mise en place, notamment lors du référendum constitutionnel, vous a posé problème ? Est-ce qu’ATTAC a sombré dans les méandres ou est-ce qu’au contraire ATTAC s’est affirmée comme étant une véritable association d’éducation populaire ? Est ce que vous n’avez pas eu le sentiment de participer à un mouvement fort et solide que vos attaques et perfidies sont en train de réduire à néant ? Car actuellement c’est cela qui en ressort. Est ce que finalement, ce qui pose problème à certains c’est qu’ATTAC fasse un peu trop d’ombre à quelques petits groupuscules ?

En résumé très cher Jean-Paul, ce que je conteste, ce n’est pas que vous contestiez la direction, c’est la manière peu glorieuse avec laquelle vous vous y prenez. Finalement vous agissez selon le même modèle que vous attribuez à ceux dont vous voulez la tête. Comme vous le dites, allez sur le fond, dites nous ce qui vous pose problème dans le bilan et la lisibilité et crédibilité gagnée par ATTAC ces dernières années et cessez de relayer mensonges et calomnies. Dites nous quel est votre projet pour l’association ?

La démocratie que vous appelez de vos voeux, consisterait à relayer l’ensemble des points de vue et pas une seule opinion. Or systématiquement vous lez occultées. Vous avez attendu la contre réaction de DESSENNE ou encore la mienne pour donner à vos lecteurs les informations complémentaires qui montrent que les accusations que vous relayez ne sont pas avérées. Et finalement, pourquoi refuser l’enquête engagée en interne à ATTAC ? Pourquoi, soudainement, craindre les résultats de celle-ci et les conclusions d’un procédure en diffamation ?

Votre parti pris n’est pas choquant, ce sont vos méthodes qui m’écoeurent et dont le seul résultat est de porter atteinte à ATTAC !

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samedi 5 août 2006 à 03h36 - par  Jean-Paul Engelibert

Vous utilisez bien vite mots orduriers et invectives… Et peu d’arguments. Pour quelqu’un qui nous reproche d’etre de "parti-pris", c’est pour le moins paradoxal. N’etes-vous pas, vous-meme, de parti-pris ? Mais je ne vais pas vous le reprocher. Peu m’importe que mes interlocuteurs prennent parti ou non. Je dirais meme que je prefere un interlocuteur dont le parti-pris est clair a un autre qui se refuserait a prendre parti. Ce qui compte, a mon sens, dans le debat d’idees, c’est la qualite de l’argumentation. Or, de ce point de vue et sans vouloir vous offenser, Bernard Cassen et Jacques Nikonoff meritent une meilleure defense que celle que je viens de lire. Le "bon sens" des vieux proverbes est poujadiste, ecrivait Roland Barthes. Attac merite mieux.

C’est pourquoi je vais me contenter ici d’expliquer pourquoi il me semble important de publier le texte de Thomas Coutrot. Il s’agit d’un texte construit et developpe, qui revele une logique politique tacite mais determinante au sein d’Attac depuis au moins quatre ans. Le simple fait de devoiler cette logique est important puisqu’il permet aux adherents "de base" de comprendre les conflits obscurs qui encombrent son CA depuis 2002. Bien sur, ce devoilement ne va pas sans que l’auteur n’avance une these au sujet de ce conflit. Coutrot peut se tromper, mais si on croit qu’il se trompe, qu’on le montre. J’attends toujours qu’on refute ses arguments. Bernard Cassen et Jacques Nikonoff ne l’ont pas tente ; ils ont prefere l’assigner en justice. Est-ce ainsi que le debat sur l’organisation et les orientations d’Attac progressera ? Est-ce ainsi qu’on sortira de la crise actuelle ? Est-ce une epuration dont Attac a besoin ? Je vous laisse repondre. Pour ma part, je suis toujours pret au dialogue. Sans insultes, sans vulgarite et avec un esprit constructif plutot que d’apparatchik.
N.B. Je suis desole, ce texte parait depourvu d’accents car je l’ecris des Etats-Unis ou je ne dispose que d’un clavier anglais. Toutes mes excuses. Mais que cela ne nous empeche pas de discuter.

vendredi 4 août 2006 à 12h12

Une solidarité élémentaire ou un parti pris ?
Calomnions calomnions il en restera bien quelque chose…
On chie dans les bottes de CASSEN et NIKONOFF et après on vient d’étonner que passer un certain stade de l’attaque et de la calomnie ils réagissent. Arrêtons l’hypocrisie !

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