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mercredi 11 mars 2009 à 09h11 - par  Jean-Paul Engélibert, professeur à Bordeaux 3

Merci à Jean-François Bayart pour cette analyse. Je ne me permettrai de répondre que sur deux points :

1) le mouvement des enseignants-chercheurs "monte en généralité" chaque semaine. Centré depuis l’automne sur deux revendications catégorielles (retrait de la mastérisation des concours et retrait du décret sur les statuts des EC), il demande maintenant aussi l’abrogation de la LRU et un plan de financement pluriannuel des universités. Plus neuf : on parle dans les amphis du préjudice causé aux universités par l’exitence des classes préparatoires et des grandes écoles. Une revendication qu’on croyait oubliée depuis longtemps (1981 pour être précis !) ressurgit : intégrer prépas et écoles dans les universités, afin de les adosser à des équipes de recherche et surtout de faire venir à l’université une population qui aujourd’hui la contourne. On voit ainsi s’idéologiser jour après jour un mouvement de fond, qui pense l’avenir de l’université, qui réfléchit aux conditions d’une recherche en phase avec la sociét, qui se définit sans égard à un parti, à une organisation quelle qu’elle soit. Notre mouvement est autonome ; disons-le haut et fort, puisque ce mot a été si dévoyé !
Nous n’avons pas peur de la récupération ; si peu les politiques s’intéressent à nous !
Notre mouvement s’étend à mesure qu’il monte en généralité. Aujourd’hui partout en France des manifestations conjointes avec le primaire et le secondaire affirmeront qu’il faut "sauver l’éducation". Le mot d’ordre effraie nos ministres, hantés par le spectre des lycéens dans la rue, accompagnés de leurs parents cette fois. Et une question de "civilisation" : préfère-t-on gérer la crise en sauvant les banquiers ou sauver la société en assurant la transmission des savoirs ?
Cela m’amène à mon second point.

2) Je trouve un peu faible la conclusion de Bayart, par ailleurs irréprochable. Le mouvement des EC ne convergera avec d’autres que sur fond de colère générale. Il doit tenir aujourd’hui jusqu’au 19 mars pour réussir sa jonction avec toutes les colères sociales. Il faut être plus nombreux dans la rue le 19 mars que le 29 janvier, pour obliger les organisations syndicales à ne plus différer la riposte qui vient dans les banlieues, dans les campus, dans les usines, dans les bureaux, où nous apprenons chaque jour un peu plus à être guadeloupéens. Pour les obliger à relayer tout de suite l’immense colère qui monte. La grande journée d’action à venir ne doit pas attendre le mois de mai. Elle doit avoir lieu le 20 mars. Et le 21, et le 22. Et ainsi de suite jusqu’à ce qu’apparaisse évidente l’illégitimité des pitres qui nous gouvernent.
Les enseignants-chercheurs et les étudiants ont une petite expérience de la lutte sociale désormais. Qu’ils la mettent à profit ; nous devons savoir qu’on ne sauvera pas l’université sans sauver la société.

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